Journée internationale des droits des femmes, quel souhait pour l’avenir?

 

Connue pendant des décennies comme la « Journée internationale des femmes », le 8 mars porte désormais l’appellation de la « Journée internationale des droits des femmes ». 

Loin d'exister à des fins commerciales, l’objectif de cette importante journée est plutôt de dénoncer les discriminations que subissent les femmes et les inégalités qui persistent encore en 2021.

 

Quelles inégalités ?

La situation des femmes s’est nettement améliorée au cours des dernières années et notamment au niveau entrepreneurial. En effet, le taux d’intention d’entreprendre a triplé depuis 2009 et les femmes sont désormais proportionnellement plus nombreuses que les hommes à passer à l’action.

Toutefois, les entreprises à propriété féminine sont encore largement minoritaires au sein des PME québécoises et encore plus dans des secteurs de l’économie comme le manufacturier, les technologies et les secteurs innovants. 

État de situation

Bien que cette journée serve notamment à dénoncer les discriminations, les injustices et les violences vécues par les femmes (et avec raison !), je porterai plutôt mon regard sur les discriminations et les inégalités dans les sphères professionnelle et entrepreneuriale, dans le cadre de ce billet. 

Les femmes et l’emploi

Malgré leur haut niveau de scolarité, les femmes demeurent en minorité dans les postes de direction et dans les positions décisionnelles. Pourtant, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à détenir un grade universitaire (28 % vs 23 %). 

Alors qu’elles sont bien présentes sur les bancs d’école, elles brillent par leur absence et demeurent sous-représentées dans les conseils d’administration et à la haute direction des sociétés inscrites en bourse, au Québec comme au Canada. La proportion des femmes dans les conseils d’administration étant seulement à 20 % et à 19,5 % à la haute direction des sociétés inscrites en bourse.

Le fossé entrepreneurial

Saviez-vous que seulement 13,6 % des entreprises du Québec sont détenues à 100 % par une ou des femmes, comparativement à 64,9 % des entreprises qui sont détenues par leurs homologues masculins ? 

De plus, on compte 6,2 femmes propriétaires d’entreprise pour 10 hommes (tout pourcentage de propriété confondu). Par chance que les femmes démontrent de plus en plus l’intention d’entreprendre ! 

Écart de statut, écart de revenu

J’entends souvent (à tort) qu’il n'existe plus de problèmes d’équité salariale. Ma lecture du récent Portrait des Québécoises, publié par le Conseil du statut de la femme, m’apprenait que les femmes reçoivent, dès leur entrée sur le marché du travail, un salaire moyen inférieur à celui des hommes. (Par exemple, en 2017, le salaire hebdomadaire des femmes ayant obtenu un baccalauréat en 2015 et travaillant à temps plein correspond à 89,5 % de celui de leurs homologues masculins.)

Aussi, lorsque nous regardons la rémunération horaire moyenne des femmes et celle des hommes, on constate que les femmes touchent en moyenne 23,58 $ l’heure, par rapport à 26,25 $ l’heure pour les hommes et les entreprises à propriété féminine enregistrent un revenu annuel inférieur de 58 k$ par rapport aux entreprises à propriété masculine. 

Une pandémie qui nous ramène en arrière

La crise de la COVID-19 a aussi frappé durement les entreprises à propriété féminine, nous rappelant ainsi la fragilité de nos acquis en termes de parité. Les femmes sont sur la ligne de front de la pandémie, occupant des emplois à risque au sein des établissements de santé, d’enseignement et dans les services à la petite enfance. Elles sont également à la tête d’entreprises dans les secteurs les plus touchés par la pandémie, soit le commerce de détail, la restauration et l’hébergement, notamment.

La charge mentale, j’en parle ?

J’ai mentionné que je me concentrerais sur les sujets d’ordre professionnel et entrepreneurial. Force est de constater que l’année 2020 nous a rappelé que ces sujets ne pouvaient être dissociables de la sphère personnelle et familiale (surtout lorsqu’on est une femme, j’ai envie de dire…).

Bien que les hommes participent de plus en plus aux tâches ménagères (mes salutations à mon conjoint qui cuisine tous les jours pour la famille), les femmes sont encore principalement en charge des responsabilités familiales.

En effet, les effets de la pandémie se sont bien fait sentir à la maison alors que de nombreuses tâches se sont ajoutées au lot déjà existant. Télétravail avec les enfants, école à la maison, aide auprès des personnes âgées ou en perte d’autonomie de notre entourage, nettoyage et désinfection plus fréquente, entretien des masques, et j’en passe !

 

Mon souhait pour l’avenir

Est-ce qu’il y a un lien entre le fait que les femmes soient femmes et mères et le fait qu’elles accèdent en moins grand nombre à des postes décisionnels et qu’elles gagnent un salaire inférieur ? Est-ce qu’il y a un lien entre le fait que les femmes soient femmes et mères et le fait qu’elles entreprennent moins, et avec moins d’ampleur, que les hommes ?

Je ne peux l’affirmer avec certitude (il y a tellement de sous-facteurs à évaluer et sur lesquels il faudrait échanger !), mais chose certaine : je souhaite inculquer à ma fille que tout est possible pour elle.

J’ai envie de lui dire que lorsqu’elle sera en âge d’intégrer le marché du travail, elle aura droit au même traitement que ses collègues masculins. Que si elle souhaite devenir dirigeante, rien ni personne ne pourra lui barrer la route. Que si elle souhaite entreprendre, elle aura accès à autant de ressources (financières, aussi) que ses homologues masculins. Et que si elle souhaite réaliser toutes ses ambitions, en plus de faire la chose la plus extraordinaire du monde (à mon avis), soit devenir maman, elle aura autant de chances de réussir. Je veux nourrir sa confiance, la guider, lui dire que tout est possible. 


Sources : Statistique Canada, Fondation canadienne des femmes, Portrait des Québécoises (Conseil du statut de la femme), Indice entrepreneurial, Étude Paypal, GEM

À propos de l'auteur

Véronique Dargis

Véronique Dargis

Directrice du rayonnement des affaires

Véronique Dargis est directrice du rayonnement des affaires de Femmessor. Étant au sein de l’organisation depuis près de 8 ans, elle y a occupé plusieurs fonctions, dont celle de conseillère aux entreprises et de directrice générale pour le bureau de la Mauricie. 

Ayant occupé des postes en gestion dès son plus jeune âge, elle décide, dans la fin vingtaine, de compléter des études en administration des affaires. C’est au même moment que l’entrepreneuriat fait son apparition dans sa vie professionnelle. Elle décroche un emploi en tant qu’agente de sensibilisation jeunesse et accompagne plusieurs jeunes adultes dans le pré-démarrage de leur entreprise. Par la suite, elle se joint à l’équipe de Femmessor et décide de poursuivre des études dans un domaine qui la passionne : le marketing. 

Visionnaire, optimiste, créative et dynamique, Véronique s’accomplit pleinement dans son nouveau rôle, soit celui de faire rayonner Femmessor à travers les 17 régions du Québec et de mettre en lumière des entrepreneures d’exception. 

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