Entreprendre pour dynamiser une communauté selon Véronique Jolin

Nomade, Véronique Jolin a décidé de finalement s’établir à Desbiens pour ouvrir la Maison Zacharie, une auberge-boutique qu'elle qualifie d’atypique, de sympathique et d’abordable. Cette décision s’est imposée à la suite du désir qu’elle avait de dynamiser une communauté rurale avec un projet porteur. Entre le moment où elle et son conjoint ont rêvé de ce projet et celui où ils établissaient leurs pénates au sud du Lac-Saint-Jean, il s’est écoulé cinq ans.

« Nous avons parcouru les villages du Québec à la recherche d’un lieu de vie et d’un presbytère pour y développer notre idée », explique l’entrepreneure. À la question « Pourquoi un presbytère ? », Véronique répond que ce sont des lieux qui ont fait une réelle différence dans les communautés d’autrefois, qui sont situés au coeur des villages et qui possèdent de grands terrains.

La complémentarité avant tout

Pendant leur pérégrination, ils passent trois à quatre jours dans les villages où il y avait un presbytère disponible. Ils flânent, parlent aux gens de la place et cherchent à comprendre quel est le moteur de la communauté. « On ne voulait pas s’implanter à un endroit où le service que l’on voulait offrir était déjà comblé. On cherchait la complémentarité avant tout », raconte-t-elle en précisant qu’ils souhaitaient développer soit un hébergement touristique ou un établissement de soins de santé.

Après avoir éliminé bien des endroits, c’est finalement un ancien monastère qu’ils ont acquis. « C’est beaucoup plus gros que notre idée de départ, mais il y avait tellement plus de potentiel », ajoute Véronique avec enthousiasme. De plus, à Desbiens, il y avait tout ce qu’il fallait pour bien y vivre : un restaurant, une épicerie, divers commerces, mais il n’y avait pas d’hébergement. La Maison Zacharie vient ainsi compléter l’offre.

Une auberge-boutique ouverte à la communauté

Le couple démarre son projet à zéro avec un bâtiment abandonné depuis trois ans. Dès le départ, Véronique s’y consacre à temps plein pour rénover le bâtiment et développer le projet d’affaires alors que son conjoint, Mike, travaille à l’extérieur pour assurer un revenu.

Tout en travaillant d’arrache-pied pour réaliser leur rêve, ils ont dû faire preuve de débrouillardise quand ils ont constaté que leurs demandes de financement étaient toutes refusées. Entre autres, pour meubler les 17 chambres de l’auberge et la salle commune, ils ont fait appel à la population afin de récupérer de vieux meubles en bois et de la peinture. En demandant de l’aide, ils ont mis un pied dans la communauté desbienoise. En échange de l’aide obtenu, ils organisent des événements pour aider les organismes de la place qui veulent amasser des fonds pour leurs activités.

Officiellement ouverte depuis juin 2017, l’auberge-boutique met en valeur les artistes et les artisans locaux, non seulement pour les meubles et la décoration, mais également dans l’utilisation des produits locaux comme les savons dans les chambres et la nourriture offerte pour les déjeuners. Un jardin communautaire est également ouvert à la population sur le grand terrain du monastère.

Son conseil : être ouverte aux changements et s’adapter

« Évidemment, ç’a été toute une aventure! De vraies montagnes russes émotionnelles! On ne pouvait pas savoir comment ça allait se développer. Je crois qu’il faut avoir une vision vers où on veut aller, tout en ouvrant ses œillères. Pour toute personne qui se lance en affaire, le projet ne sera jamais comme celui qu’on a planifié au départ », affirme-t-elle.

Aujourd’hui, malgré « ses poches sous les yeux » comme elle le dit elle-même, elle est tout de même fière d’avoir relevé ses manches et d’avoir avancé dans le projet contre vents et marées. « Le manque de financement au départ fait en sorte qu’aujourd’hui l’entreprise a un taux d’endettement moins élevé », un avantage non négligeable pour Véronique.

Beau hasard de la vie, la femme d’affaires a découvert Femmessor grâce à son auberge puisque Sévrine Labelle, présidente-directrice générale de l’organisation, y a séjourné avec sa famille. Véronique Jolin a ainsi trouvé de l’appui pour le développement de son entreprise. Elle est également très enthousiaste à l’idée de profiter des services d’accompagnement offerts par Femmessor. « Pouvoir jaser avec des gens qui, comme nous, ont vécu des questionnements et discuter des enjeux de l’entreprise, ça va faire une différence! »

La propriétaire de l’auberge voit grand. Elle souhaite développer cinq autres hébergements du même type au cours des cinq prochaines années. Si l’aventure vous intéresse, elle est à la recherche d’une ou d’un franchisé(e) pour débuter cette nouvelle aventure.

Bon succès pour participer à la dynamisation de nouvelles communautés!

 

À propos de notre collaboration

Cet article est présenté dans le cadre d’une collaboration entre Femmessor et Cindy Rivard, présidente de Oyez Communications. Afin de mettre en lumière des entrepreneures d’exception, nous avons confié la tâche à madame Rivard de rédiger cette série de billets de blogue sur des entreprises ayant bénéficié de financement1 par l’entremise de Femmessor et qui représentent pour nous, une réelle fierté!

Pour consulter la série d’articles réalisée dans le cadre de cette collaboration, nous vous invitons à visiter notre blogue chaque mercredi.

1 Fonds pour les femmes entrepreneures FQ

À propos de l'auteur

Cindy Rivard

Cindy Rivard

Entrepreneure et formatrice spécialisée en stratégie de communication

Cindy Rivard est la présidente de Oyez Communications, entreprise évoluant dans le domaine des communications et du marketing. Entrepreneure née, elle partage son savoir et ses opinions à travers des articles de blogue. Depuis 2009, c’est près de 335 articles qu’elle a écrits. Nous vous invitons à visiter son site Internet pour en découvrir davantage!

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