Entreprendre pour collaborer et cocréer

Quand on pense « services sociaux », on ne pense pas d’emblée à l’entrepreneuriat. C’est pourtant ce qui a façonné le désir d’entreprendre de Marie-Pier Villeneuve. Elle dit elle-même qu’elle n’était pas prédestinée à suivre cette voie, mais un concours de circonstances lui a donné le goût de faire les choses autrement. De fil en aiguille, elle a changé de vie et a fondé Espace Colocaux, un  lieu à Joliette où les entrepreneurs se rassemblent pour travailler, échanger et créer.

Changer de vie, oui, mais toujours dans l’esprit de faire une différence dans la vie des gens. « Je travaillais avec des chercheurs pour développer des programmes pour les intervenants dans les services sociaux et j’ai postulé pour un poste que je n’ai finalement pas eu. C’est à ce moment que le déclic s’est fait. Je me suis demandé si je voulais vraiment que ce soit d’autres personnes qui décident de mon avenir », explique Marie-Pier. Elle ajoute alors qu’elle s’est payé le luxe de retourner aux études à temps plein pour faire une maîtrise en gestion en contexte d’innovations sociales.

Contribuer à faire une différence

À ce moment-là, elle ne connaissait pas du tout le concept d’espace de travail collaboratif, mais elle a eu l’occasion de le découvrir lors de ses études à HEC Montréal. Elle est littéralement tombée en amour avec le concept! Elle croyait fermement que les entrepreneurs et travailleurs autonomes de sa région avaient besoin d’un espace de la sorte.

« Je suis là pour l’humain avant tout. Je loue des espaces, des tables et des chaises, mais ce n’est qu’un prétexte pour rassembler les gens », ajoute-t-elle en affirmant que le maillage qui se fait dans les espaces Colocaux vaut son pesant d’or pour les occupants. « Il y a une magie qui s’opère. Les gens jasent, c’est informel, mais il y a toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui peut t’aider. » De plus, en tant que gestionnaire de l’endroit, elle est toujours en première ligne pour créer les maillages, ce qui répond totalement à son besoin de contribuer à faire une différence.

Accepter l’imperfection

Qu’est-ce que cette mère monoparentale, candidate à la maîtrise et femme d’affaires, a appris de son récent parcours entrepreneurial ? Qu’il faut se donner le droit à l’erreur! « On s’en met beaucoup sur les épaules, nous les femmes. Prendre du temps pour soi et accepter que tout ne puisse pas être parfait, c’est important. » Elle ajoute aussi qu’elle ne regrette rien de son parcours et des erreurs qu’elle a faites. « À la limite, je me dis que j’ai appris quelque chose », ajoute-t-elle avec optimisme.

Développer son réseau avant de se lancer

Marie-Pier, qui est maintenant devenue experte en maillage, a appliqué le principe pour elle-même avant le démarrage de son entreprise. « Cela m’a tout de même pris un an et demi de travail entre l’idée et l’ouverture de mon espace de coworking », raconte-t-elle. « Travailler dans un espace comme Colocaux, c’était nouveau chez nous et je devais semer l’idée pour qu’elle germe et qu’elle soit prête à grandir quand j’allais ouvrir. »

Elle a donc commencé la promotion de son produit en parallèle avec sa mise sur pied. Comment ? En fréquentant les 5 à 7, en rencontrant des gens d’affaires et ceux œuvrant dans le développement économique, en participant à des concours comme le Défi OSEntreprendre, etc. Bref, elle a été très active et cela a vraiment porté fruit. « J’ai ouvert officiellement les portes le 28 mai dernier et j’ai vraiment eu une croissance intéressante. J'atteins bientôt mon point mort », ajoute-t-elle fièrement. Elle a d’ailleurs bien hâte de pouvoir annoncer une collaboration avec divers intervenants, qui permettra de venir en aide aux jeunes entrepreneurs. À suivre…

S’intéresser à l’humain derrière le projet d’affaires

Parlant de réseau, c’est ce qu’elle a trouvé chez Femmessor  : une communauté d’entrepreneures. Elle, pour qui l’humain est si important, parle avec beaucoup de gratitude de l’accompagnement reçu par Marie [Van Den Broek, directrice régionale en Lanaudière]. « Elle s’intéresse vraiment à moi et à mon projet », explique Marie-Pier en ajoutant dans un même souffle que le comité d’investissement est vraiment une force du réseau. « Ailleurs, on m’a rarement demandé de présenter mon projet. On ne regardait que le plan d’affaires. Chez Femmessor, en allant présenter mon projet au comité, j’ai senti qu’on s’intéressait aussi à la personne que je suis. »

Je ne peux qu’être d’accord, la personne derrière le projet qu’elle porte peut faire la différence. Prendre le temps de l’écouter, ça fait une différence.

 

À propos de notre collaboration

Cet article est présenté dans le cadre d’une collaboration entre Femmessor et Cindy Rivard, présidente de Oyez Communications. Afin de mettre en lumière des entrepreneures d’exception, nous avons confié la tâche à madame Rivard de rédiger cette série de billets de blogue sur des entreprises ayant bénéficié de financement1 par l’entremise de Femmessor et qui représentent pour nous, une réelle fierté!

Pour consulter la série d’articles réalisée dans le cadre de cette collaboration, nous vous invitons à visiter notre blogue chaque mercredi.

1 Fonds pour les femmes entrepreneures FQ

À propos de l'auteur

Cindy Rivard

Cindy Rivard

Entrepreneure et formatrice spécialisée en stratégie de communication

Cindy Rivard est la présidente de Oyez Communications, entreprise évoluant dans le domaine des communications et du marketing. Entrepreneure née, elle partage son savoir et ses opinions à travers des articles de blogue. Depuis 2009, c’est près de 335 articles qu’elle a écrits. Nous vous invitons à visiter son site Internet pour en découvrir davantage!

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